vendredi 20 mai 2016

Et la douleur pleure

[Poésie] Et la douleur pleure...

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Le temps n’est que silence,
Entre deux battements d'horloge.
Il égrène lentement sa plainte,
Et au ralenti,
Traduit ses chagrins,
Ses outrages,
Et ses cris.
Et la lune a fuit,
Sous des brumes affreuses,
Qui suintent et se balancent,
Aux caprices d’un violent torrent,
Aux flaveurs infâmes des supplices
D'une aurore en deuil.
Et aucun mot sur parchemin,
Ni aucun pinceau sur toile de fond,
Ne pourrait en nos chairs,
En nos âmes, faire revivre
L'instant vécu hier.

Les plaies sont fumantes,
Il n'y a plus d'horizon,
Car la foudre meurtrière
A baigné dans le sang.
Et on compte les morts,
Et la douleur pleure une blessure
Qui s'est ouverte,
Et les paupières sont closes.
Le bleu a viré au mauve,
Au noir, et aux sanglots,
Sensation de solitude
Sur les poitrines encore chaudes.
La lumière a pris ses aises,
En fureur et en bruit,
En prophète du mal,
En faucheuse de blé vert.

Et la nuit avance aux pas lents
Et silencieux,
Elle égrène les moments,
Et le temps prend son temps
À semer les effrois profonds,
Venus du féru manque d'humanité
Qui se veut à refaire le visage du monde,
Et qui sans pause, dépose
Tous ses maux,
Et des mots acérés,
Entendus en échos
En nos cœurs, qui pleurent
A savoir pourquoi ce matin est gris
Des traces de pluie,
De mélancolie,
Étouffant la foi.

Il y a des aurores, des crépuscules,
Et des destins
Surmontant les assauts les plus rudes.
Il y a des heures de nuit tardive,
Et sans étoiles,
Des tyrans impitoyables,
Sournois et insidieux,
Et des lunes rouges
De l'innocence ensanglantée.
Il y a des barbaries qui aveuglément,
Et sans pitié,
L'âme en tempête, répandent
Des flots d'amertume,
Des tapis de linceuls,
Sur la terre des autres.
Et dans chaque lit de mort,
La douleur de la vie,
Trop brève.

Hier, en cet automne régnaient
Des parfums de marécage.
Une ombre sans visage,
Ancrée dans les eaux noires
De l'immense profondeur des ténèbres,
A frappé.
La passion du chasseur
A mordu dans la chair,
Et dans l'émeraude,
Ce Paris, beauté qui n’a nul pareil,
Ce Paris, reflets de paradis,
Aujourd'hui, tourmenté,
Ses rêves envolés, détruits,
Laissant les cœurs en dérive.

La foudre est tombée,
Les drapeaux sont en berne,
Et Paris,
Meurtri d’innocentes victimes,
S'est vidée d’un rouge
Gravant ses souvenirs
Dans les vieilles pierres...
Et les coquelicots,
Toutes ces fleurs impavides,
Témoins des péchés, des souffrances,
Et de tous ces jours perdus,
De toutes ces espérances abattues,
Contempleront la lune
En évoquant les aurores
Et les crépuscules
Des innocents qu'ils ont vu s'éteindre,
Et iront puiser leur pourpre
Dans le sang de tous ces sages,
Ensevelis...

(Et la douleur pleure...Paris... En hommage aux victimes...)
~~ Linette Malloy Jones ~~

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